mardi 9 octobre 2007

À contre-courant...

Ce que je déteste me sentir déphasée comme c'est le cas ces temps-ci... Il semble que je suis constamment dans un mindset différent de celui dans lequel je devrais être. J'ai des journées hyper chargées? Je m'embarque dans plein de projets durant mes temps libres et je n'arrête pas une seconde! J'ai une journée où c'est le calme plat? Je préfères chienner plutôt que d'avancer ces dits projets déjà entammés! Je me sens seule? Tout le monde est occupé. Je n'ai pas le goût de voir personne? Tout le monde veut me voir et m'invite ici et là!

Non, mais vraiment, est-ce que quelqu'un veut bien me dire où j'ai sauté une journée? Prenons aujourd'hui par exemple. C'est mort à la job, il n'y a rien à faire. Je pourrais donc commencer à étudier pour mes intras, retravailler ma lettre d'application à la maîtrise ou encore m'avancer dans l'écriture de mon texte... Mais non! Que fais-je? Rien. Je m'appitoie sur mon sort en contemplant le bureau vide et en souhaitant être ailleur. Oh et de temps en temps, je me mets à m'en faire sur ce que je devrais faire et que je pourrais être en train de faire présentement.

Ah que je n'y comprends plus rien! Pourquoi aie-je le don de me retrouver ainsi, à contre-courant? Peut-être est-ce parce que j'ai pas assez dormi hier soir?

mardi 2 octobre 2007

Nostalgie ou perception d'une ville fantôme

Suite à ma petite aventure d'hier au marchand de fruits, je rentrais à la maison avec ma mère tout en fixant la route défiler devant moi. C'est une de mes manies ça, fixer la route qui défile sans la voir tout comme je fixe ma réflexion dans la glace du métro. Peut être était-ce à cause du magnifique crépuscule ou du fait que j'étais mélancolique, mais au lieu de fixer sans voir, hier j'ai vu pour la première fois depuis des années les paysages qui m'entourent.

18 heures à St-Hubert: les familles s'assemblent autour d'un bon souper, les jeunes enfants se préparent à aller prendre leurs bains, les adolescent terminent (ou commencent) leurs devoirs en se disant qu'ils préfèreraient jouer à des jeux vidéos, les jeunes caissières travaillent à leurs premiers emplois les yeux remplis d'espoir face à ce que la vie leur promet. Pour toutes ces raisons à 18 heures un lundi soir, les rues de St-Hubert sont quasi désertes. Rues sur lesquelles la coccinelle jaune de ma mère roulait devant des édifices chargés de souvenirs dont j'étais si habituée à leur présence que j'avais fini par ne plus les voir.

Le restaurant de fast food où j'ai passé plusieurs vendredi midis avec des amis à nous demander ce qu'on ferait plus tard. Le club vidéo où j'allais si souvent que les anciens propriétaires me connaissaient par mon prénom et où on me laissait si souvent des locations gratuites. Le centre d'achat tout près où, il n'y a pas si longtemps, j'allais tuer le temps durant des journées de congé. Le cinéma où j'allais passer des après-midis avec ma grand-mère ou voir des films les mardis soirs avec ma mère.

Tous ces endroits que j'ai abandonnés et où je ne prends plus le temps d'aller m'ont donné le feeling de traverser une ville fantôme. Ils ne sont pas abandonnés au sens propre du terme, mais ils ont été abandonnés par moi... Ces endroits remplis des souvenirs d'un moment qui semble meilleur où le temps défilait à un autre rythme... Ces endroits où j'ai gravé dans ma mémoire les évènements clés de ma jeunesse qui ont fait que je suis qui je suis aujourd'hui.

Pourquoi donc les délaisser? Oui, j'ai grandis et j'ai changé. J'ai été séduite par l'attrait de la métropole où tout est disponible, n'importe quand. Où les gens vivent 3 journées dans une et ne prennent plus le temps d'apprécier le simple geste de perdre du temps. Oui, c'est glamour et pratique la grande ville, mais quand je revois ces endroits, je me rends vite compte qu'ils font partie de moi.

C'est là que j'ai appris la vie. J'ai eu la chance de vivre dans la même ville toute ma vie, elle fait donc partie intégrante de qui je suis. Me rendre compte que j'avais tant de morceaux de moi éparpillés si proche de chez moi me donne espoir que je réussirai à reconstruire qui je suis. D'ici là, je réapprends à aimer ces endroits et à voir comment ils ont grandis eux aussi.

Rêves brisés

Dimanche, j'écoutais un épisode de la série Carnivàle (excellente série soit dit en passant) et un des personnages mentionnait la pureté des visages d'enfants dont les traits ne sont pas encore marqués par les rêves brisés. Ce passage m'a porté à réfléchir; étais-je marquée par ces rêves brisés?

Hier soir, après une journée particulièrement désagréable, je me suis retrouvée au marchand de fruits pour acheter un pain crouté, l'humeur plutôt massacrante. Puis, en marchant vers la caisse, une mini citrouille m'a fait sourire, me rappellant que j'étais au coeur de mon temps préféré de l'année. Je l'ai donc achetée et je l'ai plus tard placée au centre de la table, puis trimbalée un peu partout avec moi dans la maison, mais ça c'est une autre paranthèse qui pourrait s'éterniser. Revenons donc au marchand de fruits. J'avais retrouvé un sourire qui me rendait somme toute agréable face à la jeune caissière qui en était encore à son training. Elle devait avoir au plus 16 ans et semblait pleine d'une certaine joie de vivre malgré le fait qu'elle travaillait un lundi soir. Voilà donc ce qui m'a fait pensé à cette citation de Carnivàle. Elle ne devait pas encore avoir de rêves brisés, elle. J'ai tout de suite pris un coup de vieux, réalisant que je n'avais plus 17 ans même si je me plais à l'imaginer. Peut-être avais-je des rêves brisés après tout.

De quoi avais-je l'air à 15-16 ans? J'avais certainement cette joie de vivre qui habitait la petite caissière du marchand de fruits. Tout me semblait possible, le futur s'ouvrant sur un univers de possibilités. La vie était simple et belle. Les peines d'amour de duraient pas éternellement et ne fragmentaient pas notre être. Si on était en retard pour quelques choses ou malheureux, ça ne durait pas. Il semble qu'on avait plus de temps ou du moins, je passais moins de temps à m'en faire et à me poser des questions inutiles.

Pourtant, il me semble que je n'ai pas si changé que ça. J'ai 23 ans, je suis encore étudiante, travaillant à temps partiel et habitant encore chez mes parents. J'ai tout pour rester dans mon mindset adolescent, pourtant je n'ai plus ce sentiment de légèreté. J'ai perdu la conviction que je pouvais tout accomplir, que tout était possible... Je dirais que c'est mon rêve brisé à moi, sans toutefois savoir ce qui l'a causé.

Pourquoi nos rêves se brisent-ils? Est-ce naïf de vouloir rester dans cet état de croyance que tout est possible dans la vie? J'ai beau être une rêveuse chronique, je suis pourtant différente de la rêveuse que j'étais jadis. Lorsque j'essaie de me perdre dans des illusions, je suis vite rattrapée par la réalité. Il devient difficile d'être encrée dans le moment et encore plus de s'en évader. Je flotte donc dans un semi-rêve, prise entre ces deux mondes...

Des rêves brisés j'en ai pas vraiment. Au contraire, je dirais que plusieurs de mes rêves se réalisent. Pourtant j'ai quand même ce sentiment de vide nostalgique. Ai-je au cours des années élevé mes rêves au status de mythe, ce qui les rend impossible à atteindre dans la proportion désirée? Était-ce donc ce qu'on voulait dire par rêves brisés? Qu'il ne s'agissait pas de rêves n'ayant pas été réalisés, mais plutôt de la perte de la faculté de croire que tout était possible?

Peut-être que je pose simplement trop de questions ou que je pense trop! Je suis bel et bien une adulte, mais je refuse de me l'admettre. Je n'aime pas ce que mon expérience de vie a fait de moi. Oh que j'aimerais retourner dans mes utopies adolescente, ne serait-ce que pour une journée.