mardi 2 octobre 2007

Nostalgie ou perception d'une ville fantôme

Suite à ma petite aventure d'hier au marchand de fruits, je rentrais à la maison avec ma mère tout en fixant la route défiler devant moi. C'est une de mes manies ça, fixer la route qui défile sans la voir tout comme je fixe ma réflexion dans la glace du métro. Peut être était-ce à cause du magnifique crépuscule ou du fait que j'étais mélancolique, mais au lieu de fixer sans voir, hier j'ai vu pour la première fois depuis des années les paysages qui m'entourent.

18 heures à St-Hubert: les familles s'assemblent autour d'un bon souper, les jeunes enfants se préparent à aller prendre leurs bains, les adolescent terminent (ou commencent) leurs devoirs en se disant qu'ils préfèreraient jouer à des jeux vidéos, les jeunes caissières travaillent à leurs premiers emplois les yeux remplis d'espoir face à ce que la vie leur promet. Pour toutes ces raisons à 18 heures un lundi soir, les rues de St-Hubert sont quasi désertes. Rues sur lesquelles la coccinelle jaune de ma mère roulait devant des édifices chargés de souvenirs dont j'étais si habituée à leur présence que j'avais fini par ne plus les voir.

Le restaurant de fast food où j'ai passé plusieurs vendredi midis avec des amis à nous demander ce qu'on ferait plus tard. Le club vidéo où j'allais si souvent que les anciens propriétaires me connaissaient par mon prénom et où on me laissait si souvent des locations gratuites. Le centre d'achat tout près où, il n'y a pas si longtemps, j'allais tuer le temps durant des journées de congé. Le cinéma où j'allais passer des après-midis avec ma grand-mère ou voir des films les mardis soirs avec ma mère.

Tous ces endroits que j'ai abandonnés et où je ne prends plus le temps d'aller m'ont donné le feeling de traverser une ville fantôme. Ils ne sont pas abandonnés au sens propre du terme, mais ils ont été abandonnés par moi... Ces endroits remplis des souvenirs d'un moment qui semble meilleur où le temps défilait à un autre rythme... Ces endroits où j'ai gravé dans ma mémoire les évènements clés de ma jeunesse qui ont fait que je suis qui je suis aujourd'hui.

Pourquoi donc les délaisser? Oui, j'ai grandis et j'ai changé. J'ai été séduite par l'attrait de la métropole où tout est disponible, n'importe quand. Où les gens vivent 3 journées dans une et ne prennent plus le temps d'apprécier le simple geste de perdre du temps. Oui, c'est glamour et pratique la grande ville, mais quand je revois ces endroits, je me rends vite compte qu'ils font partie de moi.

C'est là que j'ai appris la vie. J'ai eu la chance de vivre dans la même ville toute ma vie, elle fait donc partie intégrante de qui je suis. Me rendre compte que j'avais tant de morceaux de moi éparpillés si proche de chez moi me donne espoir que je réussirai à reconstruire qui je suis. D'ici là, je réapprends à aimer ces endroits et à voir comment ils ont grandis eux aussi.

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