Dimanche, j'écoutais un épisode de la série Carnivàle (excellente série soit dit en passant) et un des personnages mentionnait la pureté des visages d'enfants dont les traits ne sont pas encore marqués par les rêves brisés. Ce passage m'a porté à réfléchir; étais-je marquée par ces rêves brisés?
Hier soir, après une journée particulièrement désagréable, je me suis retrouvée au marchand de fruits pour acheter un pain crouté, l'humeur plutôt massacrante. Puis, en marchant vers la caisse, une mini citrouille m'a fait sourire, me rappellant que j'étais au coeur de mon temps préféré de l'année. Je l'ai donc achetée et je l'ai plus tard placée au centre de la table, puis trimbalée un peu partout avec moi dans la maison, mais ça c'est une autre paranthèse qui pourrait s'éterniser. Revenons donc au marchand de fruits. J'avais retrouvé un sourire qui me rendait somme toute agréable face à la jeune caissière qui en était encore à son training. Elle devait avoir au plus 16 ans et semblait pleine d'une certaine joie de vivre malgré le fait qu'elle travaillait un lundi soir. Voilà donc ce qui m'a fait pensé à cette citation de Carnivàle. Elle ne devait pas encore avoir de rêves brisés, elle. J'ai tout de suite pris un coup de vieux, réalisant que je n'avais plus 17 ans même si je me plais à l'imaginer. Peut-être avais-je des rêves brisés après tout.
De quoi avais-je l'air à 15-16 ans? J'avais certainement cette joie de vivre qui habitait la petite caissière du marchand de fruits. Tout me semblait possible, le futur s'ouvrant sur un univers de possibilités. La vie était simple et belle. Les peines d'amour de duraient pas éternellement et ne fragmentaient pas notre être. Si on était en retard pour quelques choses ou malheureux, ça ne durait pas. Il semble qu'on avait plus de temps ou du moins, je passais moins de temps à m'en faire et à me poser des questions inutiles.
Pourtant, il me semble que je n'ai pas si changé que ça. J'ai 23 ans, je suis encore étudiante, travaillant à temps partiel et habitant encore chez mes parents. J'ai tout pour rester dans mon mindset adolescent, pourtant je n'ai plus ce sentiment de légèreté. J'ai perdu la conviction que je pouvais tout accomplir, que tout était possible... Je dirais que c'est mon rêve brisé à moi, sans toutefois savoir ce qui l'a causé.
Pourquoi nos rêves se brisent-ils? Est-ce naïf de vouloir rester dans cet état de croyance que tout est possible dans la vie? J'ai beau être une rêveuse chronique, je suis pourtant différente de la rêveuse que j'étais jadis. Lorsque j'essaie de me perdre dans des illusions, je suis vite rattrapée par la réalité. Il devient difficile d'être encrée dans le moment et encore plus de s'en évader. Je flotte donc dans un semi-rêve, prise entre ces deux mondes...
Des rêves brisés j'en ai pas vraiment. Au contraire, je dirais que plusieurs de mes rêves se réalisent. Pourtant j'ai quand même ce sentiment de vide nostalgique. Ai-je au cours des années élevé mes rêves au status de mythe, ce qui les rend impossible à atteindre dans la proportion désirée? Était-ce donc ce qu'on voulait dire par rêves brisés? Qu'il ne s'agissait pas de rêves n'ayant pas été réalisés, mais plutôt de la perte de la faculté de croire que tout était possible?
Peut-être que je pose simplement trop de questions ou que je pense trop! Je suis bel et bien une adulte, mais je refuse de me l'admettre. Je n'aime pas ce que mon expérience de vie a fait de moi. Oh que j'aimerais retourner dans mes utopies adolescente, ne serait-ce que pour une journée.
S'abonner à :
Publier des commentaires (Atom)

Aucun commentaire:
Publier un commentaire